En déficit…

En déficit…

Robert Kanyamanza

Une entreprise ou un État est dit en déficit lorsque ses recettes sont inférieures à ses dépenses, et donc son solde budgétaire est négatif. Un individu peut aussi connaître une situation de déficit budgétaire dans ses finances personnelles, lorsque le total de ses revenus est inférieur au total de ses dépenses personnelles.

En entreprise

Le déficit n'est pas une notion comptable en soit. Cependant, en entreprise, il est représenté dans l’un de ses états financiers : l’état des résultats.  Si la comptabilité de l’entreprise est tenue en mode "décaissements/ encaissements " alors le déficit est observé sous forme de perte comptable – lorsque le solde entre les dépenses et les recettes est négatif.

Pour un État

En matière de comptabilité publique, le déficit pointe l'existence d'un déséquilibre entre recettes et dépenses du budget de l'État ou des administrations publiques ou des collectivités locales. La notion de déficit pour un État existe sous trois formes :

Le déficit budgétaire : qui correspond à la situation où le total des recettes fiscales (taxes, impôts…) et autres figurant au budget sont inférieures au total des dépenses définitives figurant dans ce même Budget.

Le déficit public : est une notion plus large que le déficit budgétaire. Le déficit public englobe – outre le budget de l'État et des administrations publiques – le solde des recettes et dépenses des collectivités locales et celui du programme de Sécurité sociale, si le pays a un tel programme.

Le déficit primaire : est lorsqu’un État est dans une situation telle que son budget connaît un déficit avant même le payement des intérêts de sa dette.

Et comment ces énigmes se résolvent-elles?

Bien souvent les entreprises connaissent une situation de déficit budgétaire au courant de 2 ou trois premières années (en moyenne) après leur démarrage. Et en ce qui les concerne, elles ont un moyen quasi universel de contourner les tracas immédiats de ce déficit budgétaire.  En effet dans la quasi-majorité des pays, les entreprises sont permises de reporter sans limitation leurs déficits d'année en année sur les bénéfices imposables des années ultérieures, parfois jusqu’à 10 ans dans certains pays, ou jusqu’à la recouverture totale du montant de déficit cumulé. Ce qui aboutit à ce que ces entreprises, généralement les plus grandes, ne payent aucun impôt alors même qu'elles réalisent des bénéfices.

Quant aux États, la réalité est tout autre. Plusieurs États du monde enregistrent une balance courante déficitaire. La viabilité de ce déséquilibre n’est réellement préoccupante que pour quelques-uns d’entre eux. Tant que ces pays ont la possibilité de finuancer leurs déficits avec l’aide et la dette accumulée, ils n’encourent aucun risque de crise immédiate.

Quelques mécanismes sont connus pour intervenir dans la bonne gestion du déficit. En fait, la gestion de déficit se fait bien souvent par compensation, c.-à-d., par le recours aux moyens financiers pour combler le trou.  Un déficit peut être compensé :

Par l'emprunt (ce qui déplace le problème dans le temps, suppose la confiance des créanciers, et a de toute façon un coût puisqu'il faut payer des intérêts) ;

Par le recours à des réserves préalablement accumulées à partir d'excédents budgétaires réalisés les années antérieures;

Par des hausses d'impôts, à supposer qu'elles n'atteignent pas le point de rupture où elles détruisent le gisement fiscal, ou

Par des baisses d'impôts, qui peuvent éventuellement augmenter les rentrées fiscales ou aussi,  

Par une émission monétaire (« planche à billets ») – pratique très rare dans les pays développés et souvent déconseillée —, et pratique qui ne déplace pas la difficulté dans le temps, mais en change la nature en modifiant la valeur de la monnaie.

Conséquences graves pour les États africains

En ce qui concerne les États faibles d’Afrique, la question peut être préoccupante. En effet, un grand nombre de pays africains affichent des balances courantes déficitaires, certains d’entre eux accusant même, depuis de longues années, des déficits supérieurs à 5 %. Cette situation soulève des interrogations quant à la viabilité de ces déficits et des dettes accumulées pour les financer. Les intérêts deviennent trop lourds pour ces états et finissent par écraser tout effort de développement… en voici deux raisons :

Premièrement, la balance courante est le reflet de l’état de l’économie. Si les investisseurs étrangers sont convaincus que le déficit de la balance courante d’un pays n’est pas viable, il est peu probable qu’ils voudront détenir des avoirs libellés dans la monnaie de ce pays. Selon sa vitesse et son ampleur, la diminution de la demande pour les avoirs étrangers d’un pays peut provoquer un renversement de la balance courante, qui aura des implications pour l’économie nationale.

Deuxièmement, les déficits courants conduisent à une accumulation de la dette extérieure, que le pays sera bien obligé de rembourser à un moment ou un autre. Si les investisseurs nationaux sont rationnels, ils anticiperont que le gouvernement augmentera les impôts à l’avenir pour pouvoir honorer le service et le remboursement de cette dette. Une telle hausse attendue des impôts affectera donc leurs décisions d’investissement, entraînant des effets négatifs sur la production et l’emploi.

Les dirigeants et décideurs du continent africain doivent donc s’attacher à éliminer ces obstacles, afin de libérer les perspectives de croissance et de développement à long terme.

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