Un géant économique qui manque encore de courage

Un géant économique qui manque encore de courage

Robert Kanyamanza

Afrique.

« Le courage n’est pas un savoir, c’est un acte personnel de refus par la pensée de se soumettre à la peur, de n’accepter de se soumettre qu’au vrai. » André Comte Sponville, philosophe.

Plusieurs prédisent maintenant que la rescousse du continent noir viendra sans aucun doute de son expansion économique. Ils ne sauraient se tromper.

Il y a encore une cinquantaine d’années, plusieurs pays africains accédaient à l’indépendance après une suite d’événements macabres de déshumanisation : traités de noirs, esclavagisme, déportation, colonisation, etc. Il était alors dit qu’après la vague d’indépendance des années 1960, le continent vivrait un système politique de démocratie, qui par la suite occasionnerait une prospérité économique pour tous. Faux, dirait tout analyste avisé. 
L’après indépendance était chaotique : dictatures, coups d’État militaires, anarchie, népotisme, corruption, malversation, endettement colossal, pauvreté, tribalisme, guerres civiles, génocides et j’en passe.

Par ces faits, l’Africain est encore confronté au même problème : la peur et le manque de courage. La génération de ses grands-parents a eu la peur du boss blanc qui chicotait. Celle de ses parents a eu peur des dictateurs sanguinaires, des bombes, et autres « menaces extérieures ». En 2012, l’Africain a peur de l’inconnu, du Chinois qui lui ravit sa terre, des riches qui commandent tout, peur, peur, peur, encore et encore.

Pourtant, un demi-siècle après d’indépendance, il y aurait lieu de souligner quelques points de progrès politique qui l’aideraient à surmonter sa peur et s’investir. Progrès, il y en a eu en matière de pluralisme politique, de liberté d’expression, de la presse et de respect de droit de l’homme. Certes encore du chemin à parcourir.

Le plus grand progrès, celui qui est évident et tangible est le progrès économique. Il est basé sur les faits réels. Et il y a lieu de demander pourquoi l’Africain n’en saisit pas l’occasion pour s’investir et entreprendre et s’émanciper par le biais du progrès économique.

L’Afrique est un continent riche.

L’Afrique détient 40 % des matières premières stratégiques mondiales avec d’importantes réserves de pétrole, d’or, de diamants, de gaz et d’uranium. Elle a un potentiel énergique tout aussi considérable avec le solaire, l’éolien, l’hydroélectricité et la géothermie comme sources possibles. Le décollage économique a beaucoup tardé 50 ans après les indépendances, mais…

Et les signes sont prometteurs :

— La croissante culture de bonne gouvernance : timide, mais de bons augures;

— Des réels projets de sociétés : système d'éducation universelle au primaire et au secondaire, totalement gratuite dans certains pays comme l’Uganda, des mutuelles de santé (pas partout, mais en pleine croissance, par exemple en Tanzanie), des vraies campagnes d’émancipation de la femme comme au Rwanda… C’est encourageant!

Les opportunités d’investissements sont nombreuses : 

— L’actuelle Afrique est un continent en chantier : des infrastructures défaillantes en matière de transports, d’énergies,  de technologies de l’information et de la communication (TIC) décrient des projets nouveaux ;

— Il manque encore des Universités, des Centres de recherches, des corps entiers d’enseignements… Tous, plages d’opportunités pour les esprits entreprenants

Alors, dans quoi investir immédiatement?

Immobilier, tourisme, finances, formation, services… les pistes urgentes sont nombreuses. Cependant, avant de se décider, il faut poser les bonnes questions : que veut-on réellement faire?  Comment allons-nous le faire? Faudra-t-il s’investir personnellement ou pas du tout? Faut-il espérer de gros bénéfices immédiats et à court terme ou des rendements stables et réguliers à long terme? Quel est notre degré de la tolérance aux risques? Toutes, des questions valides, qu’il faille se pauser en avance.

Ce qu’il faut garder sous le radar

— Les sempiternels problèmes de gouvernance et de corruption;

— La disponibilité d’un savoir-faire et la main-d'œuvre qualifiée;

— Le degré d’intégration régionale.

Et la Chine dans tout ça?

Le partenariat entre la Chine et l’Afrique y joue aussi un rôle important. En fait, ce partenariat nous ouvre les yeux, comme pour nous faire comprendre que la rescousse du continent noir ne viendra uniquement pas que d’une quelconque maturité politique ou de l’aide au développement. L’Afrique a juste besoin des partenaires économiques fiables et sincères. Son implication profonde dans les transactions économiques est primordiale et elle a besoin des partenaires équitables aux commerces internationaux.

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